Les Autochtones :
des conditions de logement déplorables

Le recensement canadien n’est assurément pas le meilleur outil pour avoir une idée exacte des conditions de vie dans les communautés amérindiennes, plusieurs d’entre elles refusant d’y collaborer. Un rapport récent produit pour le compte de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador[1] nous en apprend toutefois plus long à ce sujet.

Ghislain Picard, chef régional de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, prenant la parole au Camp des 4 Sans, à Québec, en juin 2008 (photo : François Roy).

Sur les 12 593 logements de ces communautés, 2419, soit 19,2 %, ont besoin de rénovations majeures, alors que 2282 autres nécessitent des rénovations mineures ou des réparations. De plus, 1721 logements souffrent de problèmes de contamination, élevée dans 38 % des cas. Comme si ce n’était pas suffisant, 4209 logements sont présentement surpeuplés, ce qui représente 33,4 % du total. Pour faire face à ce problème, mais aussi à d’autres nécessités comme la croissance démographique et la migration d’Autochtones qui ne peuvent présentement habiter dans leurs communautés, on évalue à 8800 le besoin de nouveaux logements pour les cinq prochaines années. Enfin, 7302 terrains sont mal desservis en infrastruc-tures.

Le recensement de 2006 nous apprend par contre que, sur les 9565 logements en milieu inuit (Inuit Nunaat), pas moins de 4535 ont besoin de rénovations majeures, ce qui représente 47,4 % du total.

Pas mieux hors communauté

Ce que le recensement nous permet aussi d’entrevoir, c’est la réalité des 74 290 personnes déclarant une identité autochtone[2], mais vivant hors de leur communauté. Dans ce cas, 19 % des personnes vivent dans des logements nécessitant des réparations majeures, ce pourcentage étant de 27,0 % quand elles vivent en milieu rural et 13,8 % en milieu urbain.

Ces données ne tiennent évidemment pas compte d’un autre problème touchant les Autochtones vivant en milieu urbain, celui de l’itinérance.

Une enquête réalisée à l’automne 2007 par le réseau de télévision TVA lui permettait d’affirmer que le nombre d’Autochtones et Inuits vivant dans l’itinérance au centre-ville de Montréal avait doublé en dix ans. Le Centre d’amitié autochtone de Montréal avance le chiffre de 500, en ajoutant que ces personnes sont pour la plupart aux prises avec de graves problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie. L’affirmation est tellement crédible qu’elle a été reprise par la Ville de Montréal elle-même dans un mémoire sur l’itinérance présenté à la Commission parlementaire des Affaires sociales, le 29 septembre 2008.

Le problème est loin d’être uniquement montréalais et on le retrouve aussi dans des villes comme Québec, Gatineau, Rouyn-Noranda, Val-d’Or, La Tuque, Saguenay, Sept-Îles et bien d’autres endroits.

Notes

  1. Gaston Saint-Pierre et associés inc., Les besoins en logement des Premières Nations du Québec et du Labrador (2000 et 2006), Secrétariat de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Retour au texte
  2. Ce qui comprend des personnes se disant amérindiennes, inuites ou métis. Retour au texte