La croissance économique
n’a pas profité à tout le monde

Le recensement canadien de 2006 a eu lieu au moment où la croissance économique amorcée au milieu des années 1990 se poursuivait au Québec, comme dans le reste du Canada. Entre 2000 et 2005, le Produit intérieur brut (PIB) du Québec a augmenté de 22,7 %, le taux d’activité de la population québécoise est passé de 63,1 % à 65,6 %, le nombre de ménages prestataires de l’aide sociale a diminué de 43 200[1].

Photo : François Roy.

Tout cela aurait dû entraîner une baisse marquée du nombre de ménages locataires consacrant un pourcentage trop élevé de leur revenu en loyer. Pourtant, ce nombre atteignait 448 840 en 2006, alors qu’il était de 445 200, cinq ans plus tôt.

La profondeur des problèmes de logement a quant à elle quelque peu régressé, le nombre de ménages locataires engloutissant plus de la moitié de leur revenu en loyer étant passé de 218 490 à 203 085. Compte tenu de la situation économique favorable, on aurait toutefois pu s’attendre à une baisse encore plus significative.

C’était sans compter sur la redistribution inéquitable de la richesse créée par la croissance, mais aussi sur les effets de la sévère pénurie de logements locatifs qui a débuté au début des années 2000 et qui affecte encore sévèrement plusieurs centres urbains du Québec. Cette rareté a entraîné une hausse du coût du logement qui a été nettement supérieure à celle du revenu des locataires. À l’échelle du Québec, le loyer médian[2] a augmenté de 14,3 % entre les deux recensements, alors que le revenu médian des ménages locataires, lui, a connu une hausse de 12,8 %.

Au moment où la situation économique se détériore à nouveau très sérieusement, le sort des ménages locataires demeure donc toujours aussi précaire. Ça laisse entrevoir des lendemains bien difficiles pour beaucoup de personnes et de familles.

Notes

  1. Données provenant de l’Institut de la statistique du Québec. Retour au texte
  2. Le loyer médian est celui qui se situe à mi-chemin entre les loyers les plus bas et les loyers les plus élevés. Par exemple, sur un échantillonnage de 100 personnes, le loyer médian serait celui de la 50e. Il en est de même du revenu médian. Retour au texte