Un peu mieux pour les familles,
pas pour les personnes seules
Entre les recensements de 2001 et de 2006, ce sont les familles avec enfants, y compris les familles monoparentales, qui ont davantage vu leur sort s’améliorer.
En 2006, les couples avec enfants comptaient pour 12,9 % des ménages locataires, comparativement à 15,1 % en 2001. Les familles monoparentales, elles, représentaient 12,2 % des locataires contre 14,1 % lors du recensement précédent.
Parmi les couples locataires avec enfants, ceux qui avaient à payer plus que la norme de 30 % de leur revenu en loyer ont vu leur nombre passer de 32 265 en 2001 à 30 135 en 2006.
Le nombre des familles monoparentales payant plus que la norme a baissé de manière encore plus marquée, passant de 65 135 à 50 985. Alors que 37,1 % de ces familles consacraient plus de 30 % de leur revenu en 2001, ce pourcentage a baissé à 33,0 % en 2006. À noter toutefois que ce pourcentage est de 35,2 % quand c’est une femme qui est à la tête de la famille, alors qu’il n’est que de 22,6 % quand il s’agit d’un homme.
Bref, même si la situation demeure extrêmement difficile pour bien des familles, des progrès ont été accomplis entre 2001 et 2005, compte tenu de la croissance économique, mais aussi des politiques gouvernementales de soutien aux enfants. On peut toutefois se demander si la situation économique actuelle et la rareté extrême de logements familiaux dans presque tous les centres urbains du Québec n’effaceront pas, au moins en partie, les gains réalisés.
Dur, dur pour les personnes seules
Le progrès n’est pas du tout le même pour les personnes seules. Alors que 280 945 devaient consacrer plus de 30 % de leur revenu en loyer en 2001, ce nombre a augmenté à 296 430 en 2006. Le pourcentage des locataires dans cette situation est resté exactement le même à 48,2 %.
Le nombre de personnes seules payant plus de 50 % de leur revenu en loyer a lui aussi augmenté, passant de 145 315 à 146 910, leur pourcentage passant de 24,9 % à 23,9 %.
Notons que si les personnes seules comptent pour 48,8 % des locataires du Québec, elles représentent 73,0 % de ceux qui y engouffrent plus de 80 % en loyer. Dans ce dernier cas, il est question de pas moins de 63 605 personnes, un chiffre effarant.
Or, les personnes seules sont les grandes oubliées des politiques gouvernementales. Elles ne sont pas admissibles au programme québécois d’allocation-logement, à moins d’avoir plus de 55 ans. Une telle exclusion est discriminatoire, d’autant plus que 56 % des personnes seules payant plus de la moitié de leur revenu en loyer sont âgées de 18 à 54 ans, ce pourcentage montant à 67 % parmi celles qui engloutissent plus de 80 % de leur revenu en loyer.
Moins de pauvreté ? Réellement ?
Selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée le 15 octobre 2007, le nombre de personnes vivant dans des familles à faible revenu a baissé de 3,3 % entre 2001 et 2005. Au même moment, ce nombre a augmenté de 9,2 % parmi les personnes vivant hors famille. L’augmentation a été de 20,1 % dans le cas de l’Outaouais, de 17,6 % à Laval et de 15,6 % dans le centre du Québec.
C’est toujours la région de Montréal qui compte les plus hauts taux de faible revenu, ceux-ci étant de 12,2 % dans le cas des familles comptant un couple, de 35,6 % chez les familles monoparentales et de 26,5 % parmi les personnes vivant hors famille. À l’échelle du Québec, ces taux sont respectivement de 6,1 %, 28,2 % et 23,6 %.