Femmes et logement :
encore locataires et mal logées

Même si leur situation s’est améliorée au cours des dernières décennies, notamment au niveau du logement, les femmes sont locataires dans une plus grande proportion que les hommes et, quand c’est le cas, elles courent davantage de risques de se retrouver avec des problèmes de
logement.

Photo : Marie-Michelle Bleau.

Davantage locataires

Sur les 3 189 345 ménages que comptent le Québec, 1 887 080 ont un homme comme principal soutien financier et 1 302 265 une femme.

Or, quand c’est un homme qui est le principal soutien financier, le ménage a 32,6 % de chances d’être locataire. Quand c’est une femme, ce pourcentage monte à 50,2 %. La différence n’est pas beaucoup moins grande si on exclut les ménages dont le principal soutien financier est âgé de 65 ans et plus. Dans ce dernier cas, le pourcentage de locataires est de 33,6 % chez les hommes et de 49,1 % chez les femmes. Bref, ce n’est pas qu’une question de générations et de retards historiques.

Parmi l’ensemble des ménages locataires, 51,6 % ont une femme comme principal soutien financier. Chez les ménages propriétaires, cette proportion n’est que de 33,7 %. À noter cependant que ce pourcentage est en progression constante, puisqu’il est passé de 20,0 % en 1991, à 27,3 % en 1996 et 29,8 % en 2001 avant d’atteindre le niveau actuel.

Plus de difficultés pour les femmes

Parmi les ménages locataires eux-mêmes, le revenu médian des hommes est de 33 303 $, alors que celui des femmes est de 25 814 $. Le loyer médian, lui, est à peu près le même, soit 570 $ chez les hommes et 563 $ chez les femmes.

La différence de revenu se répercute sur le nombre et le pourcentage de ménages locataires consacrant plus de 30 % de leur revenu pour se loger. Parmi ceux qui ont une femme comme principal soutien financier, ce nombre est de 260 950, ce qui représente 40,1 % des ménages. Chez les hommes, il est de 609 230, comptant pour 30,8 % de l’ensemble.

La différence est un peu moindre chez les ménages consacrant plus de la moitié de leur revenu pour se loger, 112 780 femmes étant touchées pour un pourcentage de 17,3 %, alors que c’est le cas de 90 300 hommes, soit 14,8 %.

Il n’y a plus de différences parmi les ménages engouffrant plus de 80 % de leur revenu en loyer, ce problème affectant 44 360 femmes (6,8 %) et 42 715 hommes (7,0 %).

Nombre et pourcentage de femmes locataires payant trop cher pour se loger
Province et régions métropolitaines de recensement (RMR)

Province ou RMR30 % et plus50 % et plus80 % et plus
Province 260 950 (40,1 %)112 780 (17,3 %)44 360 (6,8 %)
RMR de Montréal149 895 (41,8 %)68 415 (19,1 %)27 965 (7,8 %)
RMR de Québec26 390 (37,8 %)11 720 (16,8 %)4595 (6,6 %)
RMR de Gatineau7 730 (39,4 %)3 420 (17,4 %)1 345 (6,9 %)
RMR de Sherbrooke8 720 (41,8 %)3 760 (18,0 %)1 335 (6,4 %)
RMR de Trois-Rivières6 305 (42,4 %)2 360 (15,9 %)790 (5,3 %)
RMR de Saguenay4 970 (40,5 %)2 090 (17,0 %)790 (6,4 %)