Les locataires sont plus pauvres
qu’il y a 25 ans
Les locataires québécois sont en moyenne plus pauvres maintenant qu’ils ne l’étaient, il y a vingt-cinq ans. C’est à ce constat que le FRAPRU en arrive, en comparant l’évolution du revenu médian des ménages locataires entre les recensements de 1981 et de 2006.
En 1981, ce revenu des locataires était de 14 746 $. S’il avait suivi l’évolution du coût de la vie, calculé à partir de la hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC), ce revenu aurait été de 35 287 $ en 2006. Or, les données du dernier recensement indiquent qu’il n’était en réalité que de 29 416 $. C’est 16,6 % de moins.
À l’opposé, le loyer médian au Québec était de 223 $ par mois en 1981. S’il avait suivi l’augmentation du coût de la vie, il aurait été de 534 $ en 2006. Or, il était plutôt de 566 $, soit 6,0 % de plus.
Alors que les locataires du Québec sont de manière générale plus pauvres qu’en 1981, leur loyer, lui, est plus élevé... Pas étonnant qu’un plus grand nombre de ménages soit en difficulté. En 1981, 287 290 ménages locataires, représentant 28,3 % de l’ensemble, consacraient plus que la norme de 30 % de leur revenu en loyer. En 2006, ce nombre était de 448 835, soit 35,5 % des loca-taires.
En 1981, le loyer médian représentait 18,1 % du revenu médian des locataires. En 2006, ce pourcentage est monté à 23,1 %.
Plusieurs facteurs expliquent la diminution du revenu médian des ménages locataires. Le premier est l’accès massif à la propriété au cours des 25 dernières années. En 1981, les ménages propriétaires représentaient 53,3 % de l’ensemble des ménages. En 2006, ce pourcentage avait augmenté à 61,2 %. Comme ce sont les locataires à revenu plus élevé qui ont généralement accédé à la propriété, les ménages qui sont demeurés locataires sont en moyenne à plus faible revenu que ce n’était le cas auparavant.
Le second facteur est la modification dans la composition même des ménages locataires, les personnes seules y prenant notamment une part grandissante. Alors qu’elles représentaient 33,6 % de l’ensemble des ménages locataires en 1981, elles comptaient pour 48,8 % en 2006. Or, elles ont généralement des revenus inférieurs à l’ensemble des locataires.
Enfin, les revenus d’une large partie des locataires n’ont pas suivi adéquatement le coût de la vie. C’est notamment le cas pour les personnes assistées sociales et les personnes qui travaillent au salaire minimum. Les emplois précaires ou à temps partiel se sont aussi multipliés dans les dernières décennies.
Évolution du revenu et du loyer médian entre 1981 et 20061
Province et régions métropolitaines de recensement (RMR)
| Revenu médian | Loyer médian |
| Province | 16,6 % | + 6,0 % |
| RMR de Montréal | 15,9 % | + 11,0 % |
| RMR de Québec | 15,0 % | 1,2 % |
| RMR de Gatineau | 7,9 % | + 7,2 % |
| RMR de Sherbrooke | 9,9 % | + 2,6 % |
| RMR de Trois-Rivières | 12,6 % | 4,1 % |
| RMR de Saguenay | 28,0 % | 15,5 % |
1. Calculée en dollars constants de 2005 à partir des données des recensements de 1981 et de 2006.