Encore en pénurie !

Le dernier Dossier noir sur le logement et la pauvreté remonte en janvier 2004. Il était alors généralement admis que le logement était en crise, compte tenu de la rareté extrême de logements à louer. Le taux de logements inoccupés, qui devrait se situer à 3,0 % pour être considéré comme normal, était alors de 1,0 % dans la région métropolitaine de Montréal, de 0,5 % dans celle de Québec, de 1,2 % à Gatineau, de 0,7 % à Sherbrooke et de 1,5 % à Trois-Rivières.

Ce n’est pas le logement locatif familial qui a la cote (photo : Denis Thériault).

Qu’en est-il cinq ans plus tard ? Le Rapport sur le marché locatif publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement en décembre 2008 révèle que le taux d’inoccupation est toujours sous la barre des 3 % dans les cinq régions métropolitaines qui étaient en pénurie, il y a cinq ans. À Montréal, où il était monté à 2,9 % à l’automne 2007, il est retombé à 2,4 % en 2008. À Gatineau, où il avait atteint 4,2 % en 2006, il est redescendu à 1,9 %. À Québec, il n’est toujours que de 0,6 %. À Trois-Rivières, il est de 1,7 %. Seule la région de Sherbrooke semble vouloir voir sa situation générale s’améliorer, le pourcentage de logements inoccupés y étant maintenant de 2,8 %. Reste à savoir comment il évoluera dans les prochaines années.

Pendant ce temps, la région de Saguenay, qui avait un taux d’inoccupation de 5,2 % en octobre 2003 l’a vu chuter à 1,6 % en 2008. Pendant ce temps aussi, des centres urbains où le taux dépassait allègrement les 3 % connaissent maintenant une pénurie dramatique de logements locatifs. À Rouyn-Noranda, le taux de logements inoccupés est de 0,5 %, à Val d’Or de 0,2 %, à Sept-Îles de 0,8 %, à Matane de 1,2 %, à Gaspé de 1,1 %.

Pour les familles avec enfants, la situation est encore plus dramatique, le taux étant carrément de 0 % dans les logements de trois chambres à coucher et plus de Val d’Or, Montmagny, Matane, Rimouski, Roberval, Prévost, Rawdon et Sainte-Adèle. Il est inférieur à 1,0 % à Rouyn-Noranda (0,5 %), Saint-Georges de Beauce (0,6 %), Thetford-Mines (0,6 %), Rivière-du-Loup (1,8 %), Joliette (0,5 %) et Saint-Hyacinthe (0,3 %).

Dans les régions métropolitaines également, ce sont les grands logements pour familles qui sont les plus rares, le taux d’inoccupation des logements de trois chambres à coucher et plus étant de 0,5 % dans la région de Québec, de 1,2 % dans celle de Montréal, de 1,4 % à Trois-Rivières et de 1,7 % à Gatineau. Dans la région de Saguenay, ce sont les logements de deux chambres à coucher qui sont les plus rares avec un taux de 0,9 %.

Par ailleurs, les logements familiaux à loyer plus élevé sont généralement plus nombreux à être en location que les autres. Sur l’île de Montréal, par exemple, le taux de vacance est de 1,2 % dans les logements de deux chambres à coucher se louant moins de 500 $ par mois, de 2,1 % pour ceux se louant entre 500 $ et 699 $ par mois et de 4,3 % pour ceux dont le loyer se situe entre 700 $ et 899 $ par mois.

Une conclusion s’impose : les promoteurs de logements se sont totalement désintéressés de la construction de logements locatifs familiaux. Sans l’augmentation modeste du financement du logement social depuis 2002, la situation des familles locataires aurait été encore plus dramatique.