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Logement et pauvreté
La croissance économique n’a pas profité à tout le monde Le recensement de 2006 en chiffres Les locataires sont plus pauvres qu’il y a 25 ans Logement et pauvreté : un lien direct Quand des locataires n’y arrivent tout simplement plus... Femmes et logement : encore locataires et mal logées Un peu mieux pour les familles, pas pour les personnes seules Un parc de logements qui se dégrade Les Autochtones : des conditions de logement déplorables Les sans-abri : la catastrophe s’amplifie L’avenir du logement social n’est pas encore assuré TABLEAU : |
Le recensement de 2006 en chiffresUne minorité de locatairesLes ménages locataires ne représentaient plus que 39,6 % de l’ensemble des ménages québécois en 2006. Leur nombre se chiffrait à 1 267 945, soit à peine 1,5 % de plus qu’en 2001. Pendant ce temps, le nombre total de ménages augmentait de 7,3 % au Québec. Des loyers en hausseLe loyer médian était de 566 $ par mois en 2006, ce qui représente une hausse de 14,3 % par rapport à 2001 où il était à 495 $. Pendant ce temps, la hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC) a été de 11,6 %. Ce sont les régions métropolitaines de Montréal et de Gatineau qui ont connu les hausses de loyer les plus importantes avec des augmentations moyennes de 16,1 %. Dans celle de Québec, l’augmentation a été de 15,2 %. À Sherbrooke, elle a été de 14,4 %. Des revenus qui ne suivent pas partout au QuébecLe revenu médian des locataires n’a pas tout à fait connu la même hausse que les loyers ; il a été de 12,8 % au Québec. Entre les deux recensements, ce revenu est passé de 26 088 $ à 29 416 $ par an. On est encore très loin du revenu annuel médian des ménages propriétaires qui, lui, a atteint 62 164 $ en 2006. C’est dans les régions de Montréal et de Gatineau où le revenu médian des locataires a le moins augmenté, soit 10,5 % dans le premier cas et 8,4 % dans le second. Un taux d’effort trop élevéLors du recensement, 448 840 ménages locataires québécois consacraient plus de 30 % de leur revenu en loyer. Il s’agit de 35,6 % des ménages locataires, ce qui représente une très légère baisse par rapport à 2001 alors qu’ils comptaient pour 35,9 %. Parmi ces ménages, 203 085 payaient plus de la moitié de leur revenu pour le logement. C’est 16,1 % des locataires. En 2001, ce pourcentage était de 17,6 %. De ce dernier nombre, 87 075 ménages locataires engloutissaient plus de 80 % de leur revenu uniquement pour se loger. Il s’agit de 6,3 % du total des locataires. Dans ce cas, la baisse est plus significative, puisque leur pourcentage était de 9,0 % en 2001. Ces deux dernières diminutions peuvent avoir diverses raisons, à commencer par la chute du nombre de ménages à l’aide sociale. On peut aussi penser que le recours accru à la cohabitation volontaire ou forcée a contribué à cette baisse, tout comme l’augmentation du nombre de personnes sans domicile fixe. Il faut enfin se souvenir qu’en 2006, année du recensement, 3735 ménages en très grande précarité économique bénéficiaient toujours d’un supplément au loyer d’urgence leur permettant de ne consacrer que 25 % de leur revenu en loyer. Faut-il s’en surprendre, c’est dans les régions de Montréal et de Gatineau où la situation des locataires s’est le moins améliorée entre 2001 et 2006. Le pourcentage de ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu en loyer a augmenté dans ces deux régions, dans le premier cas de 36,4 % à 37,7 % et dans le second de 33,6 % à 35,9 %. Quant aux ménages locataires engouffrant plus de la moitié de leur revenu en loyer, le pourcentage a très peu diminué passant de 18,1 % à 17,9 % dans la région de Montréal et de 16,3 % à 15,9 % dans celle de Gatineau. Lisette Gilbert
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