Budget Leitao : le FRAPRU passe à l’offensive

Montréal, le 6 mai 2014 – À quelques semaines du budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, le Front d’action populaire en réaménagement urbain passe à l’offensive. Le FRAPRU est convaincu que la politique d’austérité budgétaire, prônée ouvertement par le premier ministre Philippe Couillard, menace les services publics et les programmes sociaux. Il annonce une série d’actions visant à le convaincre de faire marche arrière pour investir dans des domaines comme le logement social et la lutte contre l’itinérance.

Dans la semaine du 12 mai, des actions et des interventions publiques se dérouleront dans plusieurs régions, afin d’interpeller directement des membres du cabinet Couillard. La semaine se clôturera par une manifestation nationale à Québec. La manifestation, qui réunira plusieurs centaines de personnes est organisée conjointement avec le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ). Elle se terminera au ministère des Finances.

Le FRAPRU veut s’assurer que le gouvernement confirmera, dès son premier budget, sa volonté d’investir dans de nouveaux logements sociaux. L’organisme ne cache pas son appréhension, le Parti libéral n’ayant pris aucun engagement électoral en ce domaine. Tout au plus, Philippe Couillard a-t-il déclaré à des membres du FRAPRU qui l’interpelaient à ce sujet, au cours de la campagne électorale, qu’un gouvernement libéral « ne ferait pas moins que le PQ dans le logement social ». Il a toutefois refusé de mettre cet engagement sur papier.

Or, non seulement le FRAPRU veut-il effectivement s’assurer que le budget Leitao ne fera pas moins que ce que l’ancien ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait prévu en février 2014, c’est-à-dire le financement de 3250 logements sociaux dans le programme AccèsLogis, mais il réclame beaucoup plus. Selon l’organisme, la gravité des problèmes des logements nécessite le financement de 50 000 logements sociaux en cinq ans au Québec. Il rappelle, à cet égard, que, selon Statistique Canada, 228 000 ménages locataires québécois sont dans une situation d’urgence, puisque c’est plus de la moitié de leur revenu qui passe en loyer.

Le FRAPRU s’associe aussi au RSIQ pour demander que le budget prévoie le financement d’un plan d’action permettant de concrétiser la Politique nationale de lutte à l’itinérance, annoncée en février dernier. Cela exige des investissements majeurs en logement social, mais aussi dans tous les autres domaines concernés : aide sociale, santé et services sociaux, éducation, droit de cité, subventions aux organismes communautaires, etc.

Dans un mémoire qu’il a récemment envoyé au ministre Leitao, le FRAPRU explique que le gouvernement a un autre choix que l’austérité budgétaire : « Ce choix, c’est de s’attaquer aux privilèges dont profitent les contribuables à haut revenu et les grandes entreprises et qui ont pour effets d’accroître les injustices sociales et de priver l’État de milliards de dollars qui pourraient être utilisés autrement ».

Selon le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, « ce qui n’est pas un choix pour le gouvernement Couillard, c’est de respecter l’ensemble des droits humains, dont ceux au logement, à un revenu décent et à la dignité, et cela passe par des investissements majeurs dans la lutte contre la pauvreté ».

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