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23 novembre 2011.

Le FRAPRU a été formé suite à un colloque populaire organisé à Montréal du 20 au 22 octobre 1978. Ce colloque, qui faisait suite à plusieurs mois de préparation et de débats, réunissait des groupes de différentes régions du Québec qui étaient aux prises avec des programmes de rénovation urbaine baptisés Programmes d’amélioration de quartier (PAQ).

À la fin du colloque, les participantes et les participants ont voté de créer « une organisation commune autour de l’aménagement urbain dont le caractère sera principalement revendicatif, appuyé par des services, et visant à adopter des mesures qui profiteront à chacun de nos quartiers ». En d’autres mots, les groupes ne voulaient plus simplement réagir contre les effets néfastes de la rénovation urbaine (démolitions, hausses de loyer suivant des travaux de rénovations majeures, évictions des résidants et des résidantes, exode hors du quartier, etc.), mais se donner un rapport de force suffisant pour modifier les politiques mêmes qui étaient à l’origine de ces problèmes.

C’est dès ce moment que le FRAPRU a vu le jour. Il n’a toutefois adopté son nom actuel qu’à l’été 1979. Ses objectifs étaient alors de permettre le maintien de la population résidante dans les quartiers populaires par la préservation du parc de logements à bas loyer et des rénovations se faisant aux conditions des locataires. La première grande campagne menée par le FRAPRU en 1980 s’intitulait Des quartiers où nous pourrons rester.

Les premières batailles

Au premier congrès du FRAPRU qui a eu lieu à Québec en mai 1981, ses membres ont décidé que le meilleur moyen d’obtenir Des quartiers où nous pourrons rester était de se battre pour le « maintien et l’intensification des programmes de logement social ». Un peu plus de 6000 logements sociaux étaient alors financés annuellement au Québec, principalement par le gouvernement fédéral.

C’est depuis ce moment que le logement social est au centre des luttes menées par le FRAPRU. Dès le départ, il a choisi de ne pas promouvoir une forme de logement social en particulier, mais de les défendre toutes, qu’il s’agisse des habitations à loyer modique (HLM), des coopératives d’habitation ou des logements gérés par des Organismes sans but lucratif (OSBL).

La lutte pour le logement social s’est d’abord implantée au niveau local. Elle a mené à des victoires majeures dont la plus marquante est la construction d’un total de 900 logements sociaux sur le site de l’ancienne usine Angus dans le quartier Rosemont, à Montréal. Elle s’est ensuite déployée au plan national. L’épisode le plus significatif a été la lutte que le FRAPRU a dû mener au milieu des années 1980 contre les nouvelles orientations fédérales adoptées par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Celles-ci rétrécissaient notamment l’accès au logement social et introduisaient certaines formes de privatisation, en favorisant l’octroi de suppléments au loyer à des propriétaires privés plutôt que la construction de HLM dans le cas des familles.

Même si elle n’a pas été victorieuse, cette lutte menée en front commun avec les autres organisations nationales en habitation a permis au FRAPRU de développer sa stratégie d’intervention basée sur la mobilisation des personnes vivant directement les problèmes de logement (les « mal-logéEs ») et sur l’appel à l’opinion publique. En 1987, lors de l’Année internationale du logement des sans-abri décrétée par l’Organisation des Nations Unies, il organise une manifestation de près de 700 personnes à Ottawa et publie un percutant Dossier noir sur le logement et la pauvreté au Québec, le premier d’une série de six.

Par la suite, le FRAPRU s’est retrouvé au centre de plusieurs luttes qui étaient souvent menées en coalition et n’étaient pas directement reliées au logement social :
- contre la levée par le gouvernement libéral de Robert Bourassa du moratoire alors en place sur la conversion de logements locatifs en condominiums (1986 à 1988) ;
-  contre la démolition de 107 logements et chambres à bas loyer sur l’Îlot Overdale au centre-ville de Montréal (1987 et 1988) ;
- pour l’adoption par le gouvernement québécois d’une politique globale en habitation (1989 à 1992) ;
- contre la réforme de l’aide sociale par ce même gouvernement (1987 à 1990) ;
- contre un décret du gouvernement Bourassa augmentant les loyers dans les HLM et d’autres logements sociaux (1990 à 1992).

Le FRAPRU profitera de cette dernière lutte pour initier une organisation nationale de défense des droits des locataires de HLM qui deviendra peu après la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ).

La grande défaite

En 1991, le FRAPRU entame sa bataille la plus importante à date, celle contre le retrait, graduel puis total, du gouvernement fédéral du financement de nouveaux logements sociaux. Budget après budget, le gouvernement conservateur coupe dans les fonds destinés à ces logements avant d’annoncer, dans son budget d’avril 1993, qu’il y mettra totalement fin à partir du 1er janvier 1994. L’enjeu est de taille, tous les nouveaux logements sociaux financés au Québec l’étant à partir de fonds provenant majoritairement d’Ottawa. Malgré une bataille acharnée, notamment marquée par l’organisation par le FRAPRU d’un camp de trois jours sur les eaux gelées de la rivière Outaouais, au pied du Parlement fédéral, au moment du budget de février 1992, c’est par une défaite amère que se solde la lutte.

Même l’arrivée au pouvoir en octobre 1993 d’un nouveau gouvernement fédéral, cette fois dirigé par le Parti libéral de Jean Chrétien, n’empêche pas le retrait d’Ottawa, qui devient effectif à partir du 1er janvier 1994. Le développement du logement social vient de tomber à zéro.

La reprise

Après quelques actions de dénonciation du Parti libéral du Canada qui s’était initialement opposé aux coupures fédérales avant de les mettre lui-même en application, le FRAPRU se tourne vers le gouvernement québécois pour qu’il finance ses propres programmes de logement social.

Le terrain semble propice, le gouvernement libéral de Robert Bourassa qui n’avait pas levé le petit doigt contre les coupures d’Ottawa et semblait peu enclin à prendre la relève du fédéral, devant aller en élection à la fin de l’été 1994. De concert avec plusieurs intervenants communautaires et municipaux, en particulier la Ville de Montréal, le FRAPRU met de l’avant la création d’un programme québécois de logements coopératifs et sans but lucratif.

Bien avant les élections, le FRAPRU concentre ses pressions sur le Parti québécois, alors dirigé par Jacques Parizeau, pour qu’il s’engage à mettre sur pied un tel programme, s’il est élu. En avril 1994, il organise ce qui est alors une première : une manifestation à la porte d’un parti qui est toujours dans l’opposition.

Toutes ces démarches portent fruit. La création d’un nouveau programme de logement social figure dans la plate-forme électorale du PQ publiée en juin 1994. M. Parizeau la précise au milieu de la campagne, en promettant la réalisation de 1500 logements coopératifs et sans but lucratif par année.

Sitôt le gouvernement péquiste élu, le FRAPRU multiplie les actions pour qu’il respecte pleinement son engagement. L’action la plus spectaculaire est la construction sur la Colline parlementaire d’un bidonville construit avec des panneaux électoraux de la dernière campagne. Le gouvernement Parizeau ne respecte toutefois qu’en partie l’engagement pris, avec la mise sur pied d’un programme le Programme d’achat-rénovations en coopératives et en OSBL d’habitation (PARCO). Celui-ci doit bel et bien permettre la réalisation de 1500 logements, mais une seul fois plutôt qu’à chaque année, comme le PQ l’avait promis.

La bataille doit donc se poursuivre de plus en belle, pour la mise sur pied d’un programme récurrent. Cette fois, le contexte n’est plus du tout favorable, après l’échec référendaire du 30 octobre 1995, l’arrivée de Lucien Bouchard au poste de premier ministre du Québec et l’adoption au printemps 1996 de l’objectif de Déficit zéro par le gouvernement québécois.

Les pressions de toutes sortes exercées par le FRAPRU, en concertation avec l’ensemble des autres regroupements communautaires en habitation sociale, sont cependant victorieuses. Un Plan d’action gouvernementale en habitation qui accompagne le budget d’avril 1997 fait l’annonce d’un nouveau programme baptisé AccèsLogis dont le financement est assuré sur cinq ans. Le gouvernement envisage en même temps d’augmenter les loyers d’une partie des locataires de logements sociaux à 30 % de leurs revenus, mais une lutte farouche menée par le FRAPRU et la nouvelle Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec fera reculer le gouvernement Bouchard.

Pour un Grand Chantier de logement social

Fort du financement sur cinq ans d’AccèsLogis, le FRAPRU cherche à aller plus loin que les 1500 logements coopératifs et sans but lucratif prévus dans ce programme. Il met de l’avant le projet d’un Grand Chantier de logement social qu’il précisera par la suite ainsi : financement d’au moins 8000 logements sociaux par année dont la moitié en HLM et l’autre moitié en coopératives et en OSBL.

En plus de poursuivre ses pressions sur le gouvernement québécois pour qu’il adopte cet objectif, il reprend graduellement ses pressions sur le gouvernement fédéral toujours dirigé par Jean Chrétien pour qu’il réinvestisse dans le domaine.

Contrairement à la lutte du début des années 1990 menée presque exclusivement au Québec, d’autres organisations s’activent ailleurs au Canada et le FRAPRU tente de concerter ses efforts avec celles-ci, en devenant membre du Réseau national sur le logement et l’itinérance, initié par une organisation torontoise, le Toronto Disaster Relief Committee. Il collabore aussi avec d’autres organisations plus officielles dont la Fédération canadienne des municipalités dont le porte-parole en habitation et futur président est l’actuel chef du Nouveau parti démocratique, Jack Layton.

En décembre 1998, un comité de l’ONU, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, vient donner un élan au terme d’audiences tenues à Genève sur le respect de ces droits au Canada. Suite aux représentations de plusieurs Organismes non-gouvernementaux dont la Ligue des droits et libertés et le FRAPRU, le Comité demande au Canada de considérer les problèmes de logement et d’itinérance comme une « urgence nationale ».

Les actions du FRAPRU, elles, se font encore plus insistantes. Au début de 2000, le FRAPRU va jusqu’à occuper l’Édifice Langevin abritant les bureaux du premier ministre Chrétien, à Ottawa.

Pendant ce temps, l’appui à la revendication de 8000 logements sociaux par année grandit au Québec même. Elle fait entre autres partie des demandes québécoises de la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence de l’automne 2000. Malgré le succès populaire de la Marche, le seule réponse du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard à ses revendications sera l’octroi d’une augmentation de 10 cents du salaire minimum !

Des progrès significatifs

C’est à Ottawa qu’un premier débouché se produit, avec l’annonce, le 1er novembre 2000, à la veille du déclenchement des élections fédérales qui l’ont reporté au pouvoir, de l’intention du gouvernement Chrétien d’investir 680 millions $ en cinq ans dans la construction de nouveaux logements dits abordables. Pendant plus d’un an, le FRAPRU se battra non seulement pour que l’engagement libéral soit pleinement respecté, mais surtout pour que l’argent soit très clairement destiné au logement social plutôt que de passer en subventions au privé. Deux conférences fédérales-provinciales-territoriales tenues en 2001 à London, en Ontario, puis à Québec, seront le théâtre de mobilisations importantes du FRAPRU et du Réseau national sur le logement et l’itinérance.

L’initiative fédérale est finalement suffisamment souple pour que le gouvernement québécois, toujours dirigé par le Parti québécois, accepte de l’utiliser très majoritairement à des fins de logement social, par le biais d’un nouveau programme baptisé Logement abordable Québec. L’annonce en est faite dans le budget de l’automne 2001 présenté par la ministre des Finances d’alors, Pauline Marois. Celle-ci confirme en même temps la prolongation pour cinq ans du programme AccèsLogis. Le gouvernement québécois se dote d’un nouvel objectif de 13 000 logements en cinq ans, dont 11 500 logements sociaux et 1500 logements privés. On est encore loin de la revendication de 8000 unités par an, mais l’avancée est significative.

Elle l’est d’autant plus que les villes, qui, dans certains cas, refusaient que des logements sociaux se réalisent sur leur territoire, se font maintenant tordre le bras par le gouvernement québécois pour les accepter ou du moins les payer. Le FRAPRU a en effet obtenu un gain surprenant au moment de la saga des fusions municipales du début des années 2000. Suite à ses représentations, toutes les municipalités fusionnées doivent dorénavant se doter d’un fonds obligatoire de développement du logement social. Dans la nouvelle région métropolitaine de Montréal (CMM), toutes les municipalités, fusionnées ou non, doivent contribuer à un tel développement, où qu’il se fasse sur le territoire de la CMM.

La crise…

Le FRAPRU doit en même temps faire face à un défi considérable : une pénurie de logements locatifs, comme le Québec n’en avait pas connu depuis des décennies. En 2000, les taux de logements inoccupés, qui étaient bien au-dessus de la barre du 3 % au cours des années 1990, glissent dangereusement en dessous dans les régions métropolitaines de Montréal, Gatineau et Québec. À quelques jours de la date fatidique du 1er juillet 2001, le FRAPRU dispose d’une liste 200 familles qui risquent fort de se retrouver sans toit. Il sonne l’alarme qui est d’abord prise à la légère par les autorités politiques. Celles-ci parlent d’« un 1er juillet comme un autre » et refusent le qualificatif très largement utilisé dans les médias de « crise du logement ». Elles doivent toutefois se rendre à l’évidence à la toute dernière minute et mettre en place des programmes d’urgence qui se répéteront par la suite année après année, atteignant des sommets en 2002 et 2003. La crise du logement est alors au cœur de l’actualité et le FRAPRU atteint un niveau de visibilité qu’il n’avait jamais connu.

Une crise d’un tout autre genre survient cependant en 2003, suite à la victoire du Parti libéral du Québec mené par Jean Charest. Dès le lendemain de son élection, celui-ci met de l’avant un ambitieux projet de « réingénierie de l’État » ou, en d’autres mots, de révision du rôle de l’État. Tous les organismes et programmes gouvernementaux sont passés à la loupe. Dès le départ, le gouvernement Charest adopte aussi une série de lois anti-syndicales.

L’inquiétude et la colère sont grandes dans tous les milieux sociaux. Elles le sont aussi dans le domaine de l’habitation, même si le Parti libéral a pris toute une série d’engagements électoraux, dont l’accélération du développement des 13 000 logements annoncés par l’ex-gouvernement péquiste. Or, contrairement au budget présenté par celui-ci à la veille du déclenchement des élections, le premier budget libéral rendu public en juin 2003 n’investit pas un seul sou supplémentaire en habitation, alors qu’il est pourtant évident pour tous les intervenants, y compris la Société d’habitation du Québec, qu’il est impossible d’atteindre l’objectif de 13 000 logements sans l’ajout de fonds substantiels.

Tout en étant très actif dans le Réseau de vigilance formé pour s’opposer aux politiques du gouvernement Charest, le FRAPRU monte le ton pour que le budget de 2004 investisse en logement social. Il profite entre autres d’une large tournée de consultations pré-budgétaires du ministre des Finances, Yves Séguin, pour porter le message aussi bien à l’intérieur des rencontres qu’à l’extérieur, dans la rue. À la grande surprise du FRAPRU, le ministre se montre étonnamment ouvert et parle d’investir en logement social tout au long de sa tournée. Il se rend même aux bureaux du FRAPRU pour en discuter directement. Tout en n’étant pas à la hauteur des attentes créées par le ministre Séguin, le budget 2004 ajoute non seulement les argents nécessaires à la réalisation des 13 000 logements déjà promis, mais il monte la barre à 16 000.

Cet objectif grimpera lors des cinq budgets subséquents du gouvernement Charest pour aujourd’hui atteindre 27 000 unités dont 23 435 logements sociaux, la grande majorité dans le programme AccèsLogis. Il ne faut cependant pas croire pour autant que la lutte pour le logement social est facile dans la seconde moitié des années 2000.

La banalisation des problèmes

Si elle est toujours présente et s’est même étendue à plusieurs régions du Québec, la pénurie de logements locatifs n’est plus aussi aiguë dans des grandes centres comme Montréal. Elle ne touche plus tous les types de locataires, comme c’était le cas au départ, mais uniquement les ménages à plus faible revenu, principalement des familles, incapables de payer des logements dont les loyers ont littéralement explosé depuis 2000.

Les problèmes de logement ne défrayent donc plus autant les manchettes et les gouvernements se sentent moins obligés d’y répondre. La lutte en est d’autant plus dure.

Le gouvernement fédéral se fait en particulier tirer l’oreille et ce n’est pas uniquement depuis l’arrivée au pouvoir du Parti conservateur de Stephen Harper. Au printemps 2005, il a fallu que le NPD menace de faire tomber le gouvernement minoritaire de Paul Martin pour qu’il accepte de modifier son budget pour inclure 4,6 milliards $ de dépenses sociales dont 1,6 milliard $ pour le « logement à loyer modique ». C’est cette somme amputée de 200 millions $ que le nouveau gouvernement conservateur s’est contenté d’annoncer dans son premier budget présenté en mai 2006. Il n’a pas fait d’autres investissements avant l’élection de l’automne 2008 où il a annoncé la prolongation d’une série d’initiatives fédérales dont celles dans le « logement abordable ». Dans le budget de janvier 2009, pour faire face à la crise, mais aussi pour éviter d’être renversé, il a ajouté 1 milliard $ par année pendant deux ans, principalement pour la rénovation des logements sociaux existants, mais aussi pour la création de nouveaux logements.

Durant toutes ces années, le FRAPRU n’a jamais ralenti ses pressions de toutes sortes. Il a même réussi à « squatter » brièvement Rideau Hall, la résidence officielle de la gouverneure générale du Canada, à Ottawa. Il aussi multiplié les manifestations et les interpellations des leaders des grands partis fédéraux, à l’occasion des campagnes électorales qui se sont succédé à un rythme effréné depuis 2004.

Compte tenu de la banalisation du problème du logement, la partie a été tout aussi difficile à Québec où deux élections générales ont également eu lieu en moins de deux ans. Celle de mars 2007, où aucun des grands partis n’a pris d’engagements écrits, a été particulièrement inquiétante. Ce n’est qu’in extremis que le budget qui a suivi investissait dans la réalisation de logements sociaux essentiellement financés avec des fonds fédéraux. Il n’en fallait pas plus pour convaincre le FRAPRU de mener une action d’envergure en juin 2008, le Camp des 4 Sans (« Sans toit, sans l’sou, sans droit et sans voix » ) organisé au moment des célébrations des 400 ans de la ville de Québec. Appuyé par de nombreuses personnalités dont Richard Desjardins, Gilles Vigneault et François Avard, ce Camp a donné lieu à la plus importante manifestation de l’histoire du FRAPRU, avec la participation d’au moins 1300 personnes.

Contrairement à la campagne électorale de 2007, celle de l’automne 2008 a donné lieu à des engagements de tous les partis, à l’exception de l’Action démocratique du Québec. Pour un, le premier ministre Charest s’est engagé à financer au moins 3000 logements sociaux par année pendant cinq ans dans le cadre du programme AccèsLogis, engagement qui reste à être entièrement respecté, même après le dernier budget qui annonçait 3000 logements, mais pour un an seulement…

Vers la socialisation du parc de logements locatifs

Les ambitions du FRAPRU sont quant à elles beaucoup plus grandes et sont plus à la mesure des besoins. À son congrès de 2006, il a délaissé la demande de 8000 logements sociaux par année qu’il portait depuis près d’une décennie pour la remplacer par un objectif à plus long terme, celui de parvenir à doubler dans un délai raisonnable le nombre de logements sociaux au Québec. Cet objectif part du constat que le logement social ne représente présentement que 10 % de l’ensemble des logements locatifs, ce qui est très loin de la réalité vécue dans plusieurs pays européens. Il s’agit d’augmenter sensiblement ce pourcentage et d’accroître la part des logements qui échappent à la logique du profit pour plutôt obéir à une autre logique, celle du respect du droit au logement. C’est ce que le congrès de 2006 a appelé la « socialisation du parc de logements locatifs ». Celle-ci passe tout autant par l’acquisition de logements privés existants et leur transformation en logements sociaux que par la construction massive de logements sociaux.

Afin d’avancer sérieusement dans son objectif de doubler le nombre de logements sociaux qui se situe présentement autour de 125 000 unités, c’est le financement de 50 000 unités en cinq ans que le FRAPRU a réclamé dans ses pressions budgétaires des dernières années. Il précise que celles-ci passent par l’actuel programme AccèsLogis, mais aussi par la reprise du développement des HLM abandonné depuis le retrait fédéral de 1994, ainsi que par la mise sur pied d’un programme d’acquisition de logements locatifs.

Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Dernier ajout : 19 mai 2013.

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