Le Front d’action populaire en réaménagement urbain déplore que la ministre fédérale Diane Finley ait choisi de briller par son absence lors de la conférence des ministres de l’Habitation qui se tient aujourd’hui à Saint-Jean, Terre-Neuve. Selon le FRAPRU, cette décision de la ministre Finley a non seulement transformé la rencontre fédérale-provinciale-territoriale initialement prévue en simple rencontre provinciale-territoriale, mais elle a aussi provoqué l’absence de plusieurs ministres dont celui du Québec, Laurent Lessard.
L’organisme rappelle que c’est la seconde fois en deux ans que le gouvernement fédéral dirigé par Stephen Harper boude une rencontre des ministres de l’Habitation. En février 2008, l’absence de l’ancien ministre Monte Solberg lui avait valu une critique virulente de la part de ses collègues provinciaux et territoriaux. Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, considère que « les absences répétées du fédéral de la table de discussions illustrent le refus du gouvernement conservateur de travailler à un plan à long terme pour faire face aux graves problèmes de logement et d’itinérance qui affectent l’ensemble du Canada, dont le Québec ».
Le FRAPRU admet que le dernier budget présenté par le ministre conservateur Jim Flaherty à la fin de janvier comprenait des investissements de 1 milliard $ par année pendant deux ans dans le financement de nouveaux logements sociaux et la rénovation des logements sociaux déjà existants. Il s’agissait cependant d’investissements à court terme se terminant en mars 2011. C’est justement cette propension fédérale à recourir à des initiatives sporadiques, reposant sur un financement à court terme, plutôt que sur une stratégie à long terme, que le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit au logement déplorait dans son rapport sur le Canada soumis au Conseil des droits de l’Homme, à Genève, le 9 mars dernier.
Selon le FRAPRU, l’absence de la ministre Finley est d’autant plus déplorable que le Canada entre dans une période cruciale pour les 650 000 logements publics, coopératifs et sans but lucratif réalisés par le passé. Les subventions que le gouvernement fédéral verse depuis des décennies pour ces logements ont récemment commencé à prendre fin, le rythme étant appelé à s’accélérer dès le début des années 2010. Or, ce sont les ménages à faible revenu qui demeurent dans une large partie de ces logements qui souffriront le plus de cet arrêt du financement fédéral puisque c’est lui qui leur permet présentement de payer un loyer adapté à leur capacité de payer. Pour le moment, le gouvernement fédéral reste insensible à ce problème et l’absence de la ministre Finley d’une conférence qui devait aborder cette question en dit malheureusement long à ce sujet.
Selon les chiffres mêmes du gouvernement fédéral, 1 494 000 ménages ont des besoins impérieux de logement au Canada, dont 324 600 au Québec. De 150 000 à 300 000 personnes sont sans-abri. Par ailleurs, la plupart des régions métropolitaines et des centres urbains du Canada demeurent aux prises avec une sévère pénurie de logements locatifs abordables.
Pour plus d’informations : FRAPRU, (514) 522-1010.
