Front d'action populaire en réaménagement urbain


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N° 118 - Mai 2009


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Des « Sans » en lutte sur tous les continents

Une délégation du FRAPRU, composée de son président Normand Couture et de Marie-José Corriveau de sa permanence, a participé à la Rencontre internationale de No Vox de décembre dernier à Paris, en France. Cela a été l’occasion de prendre le pouls des luttes menées sur tous les continents pour défendre les droits des Sans (les Sans toit, Sans papiers, Sans terre, Sans ressources, Sans droits, Sans emploi, Sans voix).

No Vox est un réseau d’associations, de mouvements et d’organisations fondé lors du premier Forum social européen, à Florence, en 2002, et qui a pris une dimension internationale lors du Forum social mondial de Porto Alegre, en 2003. Le FRAPRU y a adhéré officiellement à l’automne 2007. Il s’est reconnu dans ses objectifs et ses façons de faire, soit réunir et mobiliser les personnes pauvres dont les droits sont bafoués, mener avec elles des luttes pour gagner l’application des droits fondamentaux définis par la Déclaration universelle des droits de l’homme et pour faire naître de nouveaux droits.

La Rencontre internationale a réuni pendant une semaine des gens provenant de Belgique, du Brésil, de la France, du Japon, du Mali, du Portugal, de la Russie, de la Turquie et du Québec. Treize organisations actives dans les domaines du logement, des droits démocratiques et culturels ont échangé leurs stratégies et ont construit des solidarités.

Des conditions de vie et de lutte fort différentes

Les témoignages des personnes présentes à la Rencontre ont permis de constater que les membres de No Vox agissent dans des contextes fort différents. Au Mali, en Turquie et au Portugal, des grands pans de la population sont très pauvres et laissés à eux-mêmes, avec très peu de soutien de l’État, voire pas du tout. Pour eux, pas de programmes d’assu­rance-chômage, d’assu­rance-maladie, ni d’aide sociale.

Certains font face à des gouvernements totalitaires qui écrasent toute forme de contestation. Au Mali encore, tout comme en Russie, les gens hésitent à s’organiser et à lutter, de crainte de se faire tabasser par des fiers à bras à la solde de l’État ou de se faire arrêter et jeter en prison, sans procès. Alors qu’au Japon et en Turquie, les gouvernements installés de longue date sont très conservateurs et ont réussi à convaincre leur population que les individus sont seuls responsables de leurs problèmes, peu importe les crises économiques et les injustices. Le sentiment d’isolement y est profond et difficile à faire tomber.

Les moyens dont disposent le FRAPRU et ses propres membres n’ont pas de commune mesure avec ceux des autres groupes de No Vox. Partout, même en Europe, ceux-ci doivent s’organiser avec très peu de ressources. La situation en Afrique est particulièrement précaire et il arrive occasionnellement que le Réseau paye les médias locaux quand les groupes organisent des événements, sinon les journalistes ne se déplacent pas...

Cependant, quand il s’agit de mobilisation et d’action, les stratégies adoptées par les uns et les autres sont très semblables. Tous les groupes mènent leur lutte en mobilisant les personnes directement concernées et en organisant des actions aussi visibles et spectaculaires que possible, en vue d’alerter les médias, l’opinion publique et les milieux susceptibles d’être solidaires (comme les universitaires, les syndicats et les autres mouvements sociaux).

Les pauvres chassés des grands centres urbains

La rencontre de Paris a également permis de constater combien la croissance économique des dernières années a nourri une spéculation débridée sur la valeur des terrains dans les grandes villes, partout sur la planète.

Que ce soit à Paris, à Bruxelles, à Istanbul, à Lisbonne, à St-Petersbourg ou à Bamako, les promoteurs immobiliers ont récupéré les grands terrains des centres-villes sur lesquels ont été bâtis les quartiers populaires anciens. Ils y développent des projets coûteux provoquant l’éviction des anciennes populations à faible revenu. Ils opèrent avec la complicité des gouvernements, sous prétexte de rénovation urbaine et de mixité sociale. Dans la foulée, les développeurs tentent de mettre la main sur les logements sociaux qui y avaient été construits et de les privatiser.

Dans ce contexte, les membres de No Vox réclament de plus en plus clairement le droit pour les pauvres de vivre dans les villes. Une nouvelle facette de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.



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Dernier ajout : 23 mai 2013.

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