Espérons maintenant que tout ne sera pas à recommencer à zéro et que les parlementaires du Parti libéral, du Parti québécois et de l’Action démocratique du Québec qui ont suivi la Commission pousseront leurs partis respectifs à prendre des engagements électoraux en ce domaine et à s’assurer que des suites y seront données par le prochain gouvernement.
Un problème qui s’aggrave

- La députée péquiste Agnès Maltais répond aux questions des campeuses et des campeurs (photo : François Roy).
Un premier constat qui se dégage fortement des audiences est l’aggravation du problème non seulement à Montréal, comme on pourrait le penser, mais aussi à Québec, à Gatineau, à Trois-Rivières, à Longueuil, à Sherbrooke, à Saguenay et dans combien d’autres villes à travers le Québec.
Un second constat est le très large consensus qui se dégage autour de la nécessité d’une politique globale en itinérance, comme celle que revendique le RSIQ.
Le troisième constat est l’importance qu’a prise l’enjeu du logement social dans les mémoires présentés non seulement par les organismes communautaires, mais aussi par des municipalités. Dans son mémoire, la Ville de Québec soulignait le besoin de nouveaux logements sociaux, en rappelant que 1600 ménages y étaient en attente d’un HLM, alors qu’à peine 470 logements se libèrent en moyenne à chaque année à l’Office municipal d’habitation de Québec. Elle ajoutait : « Il ne s’est pas construit de nouveaux HLM à Québec depuis 1995 à cause du désengagement fédéral dans le logement social. Nous souhaiterions que ça change ». La Ville de Montréal, elle, a pour sa part réclamé que le gouvernement du Québec reconduise et assure le « financement stable, adéquat et à long terme » du programme actuel AccèsLogis.
Les personnes seules, les grandes oubliées
Une partie du mémoire que le FRAPRU a présenté en Commission parlementaire, le 30 octobre, portait sur les problèmes particulièrement dramatiques de logement vécus par une large partie des personnes seules qui sont traditionnellement les plus à risque d’itinérance. S’appuyant sur les données du recensement de 2006, le FRAPRU y révélait qu’elles représentent 48,8 % de l’ensemble des ménages locataires du Québec, mais qu’elles comptent pour 72,3 % des ménages consacrant plus de la moitié de leur revenu en loyer.
Le FRAPRU a accusé les gouvernements qui se sont succédé à Québec d’avoir oublié les personnes seules. Il a notamment cité l’exemple du programme d’allocation-logement qui les exclut a priori d’une aide financière si elles ont moins de 55 ans.
Outre la fin de cette exclusion totalement discriminatoire et l’adoption d’une politique globale en itinérance, le FRAPRU a proposé plusieurs mesures dont la reconnaissance explicite du droit au logement dans la Charte québécoise des droits et libertés, le financement à long terme d’un plus grand nombre de logements sociaux, dont une partie avec soutien communautaire, ainsi que la prolongation sur une base permanente des suppléments au loyer d’urgence accordés à des sans-logis depuis 2001.