Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a eu beau affirmer son « intention de poursuivre le programme de construction de logements sociaux et communautaires », ce sont 70 millions $ qu’il a coupés dans AccèsLogis, en plus de 14,2 millions $ qu’il a épargnés en ne renouvelant pas les nécessaires subventions additionnelles accordées l’an dernier pour débloquer la réalisation des logements dans les régions éloignées et les plus petites municipalités.
La responsabilité du gouvernement Harper
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper, maintenant majoritaire, doit lui aussi assumer sa part de responsabilités dans la diminution de l’aide aux personnes et aux familles mal-logées ou sans-abri.

- Une nécessité : un nouveau programme de HLM (photo : Étienne Grandmont).
Le 4 juillet dernier, il a confirmé qu’il poursuivrait le financement de logements dits abordables et ce, jusqu’au 31 mars 2014. Les provinces et les territoires gagneront en souplesse avec la mise sur pied du nouveau Cadre de référence pour le logement abordable annoncé à cette occasion en remplacement des programmes de construction et de rénovation de logements existant jusqu’ici. Ottawa y consacre cependant beaucoup moins d’argent. Non seulement les fonds fédéraux n’ont-ils pas été
indexés au coût de la vie depuis dix ans, mais le gouvernement a mis fin, le 31 mars dernier, au Plan économique du Canada qui avait permis de les augmenter de 475 millions $ en deux ans.
Le fédéral ne prévoit désormais verser que 716 millions $ en trois ans à l’ensemble des provinces et des territoires. Pour un, le Québec ne devrait recevoir qu’autour de 58 millions $ par an, alors qu’il avait eu droit à une moyenne de 114 millions $ au cours des deux dernières années... Ce n’est pas cela qui va convaincre le gouvernement Charest d’aller au-delà des 2000 unités annoncées le 17 mars !
Un tout autre objectif : 50 000 logements sociaux en cinq ans
La Caravane du FRAPRU vise un tout autre objectif, soit le financement par les deux paliers de gouvernement supérieurs de 50 000 logements sociaux sur une période de cinq ans au Québec, sous la forme de coopératives d’habitation, de logements gérés par des Organismes sans but lucratif (OSBL) et d’habitations à loyer modique (HLM).
Un tel objectif permettrait de s’attaquer à toute l’ampleur des problèmes de logement et d’itinérance, tout en contrant la pénurie de logements locatifs qui persiste dans plusieurs régions. Une partie significative de ces logements devrait également viser à répondre aux besoins des Autochtones vivant aussi bien en réserve que hors réserve, de même que des communautés inuits.