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À sa quatrième journée, la Caravane du FRAPRU réclame également la rénovation des logements sociaux existants

6 octobre 2011.

Matane et Mont-Laurier, le 6 octobre 2011 – De passage dans le Bas Saint-Laurent et dans la région des Laurentides, la Caravane du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’appuiera sur les besoins de logement dans ces deux régions pour réitérer sa demande de financement par les gouvernements fédéral et québécois de 50 000 logements sociaux en cinq ans. Elle interpellera par ailleurs le gouvernement conservateur de Stephen Harper sur un nouveau sujet : la rénovation du parc vieillissant de logements sociaux existant au Québec, en particulier de ses 73 452 Habitations à loyer modique (HLM).

Le FRAPRU, qui a débuté sa journée par des passages remarqués et des points de presse à Mont-Laurier et Matane, participera en matinée ou en après-midi à des manifestations à Rimouski, Rivière-du-Loup et Saint-Jérôme. C’est à ces deux derniers endroits qu’il abordera le sujet de l’état actuel du parc de logements sociaux.

Des besoins partout

L’organisme estime que la situation vécue dans le Bas Saint-Laurent et dans Les Laurentides démontre jusqu’à quel point les problèmes de logement sont répandus à travers le Québec. Selon les derniers chiffres disponibles, datant de 2005, 19 305 ménages locataires des Laurentides doivent consacrer plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger. Mont-Laurier détient le triste record d’être la ville comptant le plus haut pourcentage de ménages dans cette situation parmi les cinquante municipalités les plus populeuses du Québec. Pas moins de 42 % des locataires y vivent ce problème, ce pourcentage passant à 61 % dans le cas des personnes vivant seules. Dans le Bas Saint-Laurent, un total de 7760 ménages paie plus que la norme.

Par ailleurs, le nombre de ménages locataires engloutissant plus de la moitié de leur revenu en loyer s’élève à 8230 dans Les Laurentides et à 2910 dans le Bas Saint-Laurent. « Ceci ne peut se faire qu’au détriment de leurs autres besoins essentiels, en premier lieu la nourriture », affirme Véronique Laflamme, une des porte-parole du FRAPRU. Elle ajoute que la situation est probablement encore pire aujourd’hui, compte tenu des hausses de loyers survenues depuis 2005. Elle cite les exemples de Matane et de Rimouski où les loyers ont augmenté respectivement de 25 % et de 22 %.

Une autre urgence : la rénovation des logements sociaux existants

À Saint-Jérôme et Rimouski, le FRAPRU s’est associé à la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec et à des associations locales de locataires de HLM pour réclamer que le gouvernement fédéral assume sa responsabilité face aux logements sociaux existants. Ainsi, le Québec compte 73 452 HLM qui ont une moyenne d’âge de 31 ans et qui, de ce fait, nécessitent des travaux majeurs.

Selon les organismes, le gouvernement québécois s’est montré sensible à cette réalité, en annonçant, en décembre 2007, des investissements de 1,2 milliard $ en cinq ans, spécifiquement destinés à cette fin. Pour que ce vaste projet se réalise, il fallait toutefois que le gouvernement fédéral accepte d’en payer 672 millions $. Or, il a jusqu’ici refusé de le faire, sauf durant les deux ans de son plan de relance de l’économie qui s’est terminé le 31 mars 2011. Le gouvernement québécois a donc dû diminuer son budget de rénovation, d’amélioration et de modernisation des HLM de 30 % en 2011, ce qui a surtout touché les grandes villes. La coupure de 30 % doit à nouveau être reconduite en 2012 et, cette fois, plus de municipalités seront touchées.

Le FRAPRU demande que le gouvernement conservateur de Stephen Harper accorde au Québec les budgets qu’il lui réclame pour aller de l’avant avec son plan de rénovation, d’amélioration et de modernisation de ses HLM. « Il en va de la qualité de vie des locataires qui y demeurent présentement, mais aussi de la possibilité pour ces logements de pouvoir aussi servir à des générations futures », affirme François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.

L’organisme en profite pour demander à Ottawa de s’occuper des 39 250 logements coopératifs et sans but lucratif dont il a lui-même la responsabilité. Ces logements, eux aussi vieillissants, n’ont eu droit à des subventions à la rénovation qu’au cours des deux années du plan de relance économique de Stephen Harper. Depuis le 1er avril dernier, ils ne reçoivent plus un sou à cette fin de la part du fédéral, ce qui les met également en péril.

Des ministres interpellés

Demain, le 7 octobre, le Convoi de l’ouest de la Caravane se rendra à Joliette, Louiseville et Shawinigan, dans ce dernier cas pour aller installer des tentes rouges, symbole de la crise du logement, devant les bureaux de la ministre de la Solidarité sociale, Julie Boulet. Le Convoi de l’est, lui, sera à Lévis et Thetford-Mines pour interpeller les ministres fédéraux Steven Blaney et Christian Paradis, lieutenant de Stephen Harper au Québec, ainsi que le ministre responsable de l’habitation au gouvernement du Québec, Laurent Lessard. La Caravane se terminera samedi par une grande manifestation nationale à Montréal.

Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Dernier ajout : 19 mai 2013.

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