Tournée sur le droit au logement – Logement urbain et logement rural: les besoins méconnus de la Rive-Sud

Longueuil, le 28 septembre 2017 – La tournée pour le droit au logement pilotée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’arrête aujourd’hui à Longueuil, en Montérégie. Cette série d’audiences populaires est organisée pour mettre en lumière les nombreuses violations du droit au logement, alors que, cet automne, les gouvernements canadien et québécois ont l’opportunité de faire avancer substantiellement sa reconnaissance et sa réalisation. Les témoignages d’une dizaine de ménages mal-logés, de différentes municipalités de la région, y sont entendus. L’audience est présidée Christian Nadeau, président de la Ligue des droits et libertés.

Les problèmes rencontrés par les locataires pauvres vivant en milieu rural font notamment l’objet de présentations. « La situation des locataires en milieu rural est méconnue, mais, même s’ils sont moins nombreux, leurs besoins de logements décents sont urgents. Dans les villes de la Rive-Sud aussi, il y a de la pauvreté, même si elle fait moins parler que sur l’île de Montréal », souligne Steeve Dupuis, directeur du Comité logement Rive-Sud.

De nombreuses femmes parlent de la précarité dans laquelle les plonge le coût de leur logement. La situation des femmes âgées est particulièrement inquiétante, selon le FRAPRU et les groupes logements montérégiens. « Cela s’explique par la faiblesse de leur revenu », indique Marie-Ève Bouchard, organisatrice communautaire à La Maison La Virevolte. « Parmi les ménages locataires de Longueuil, chez les 75 ans et plus, quand c’est un homme qui est le principal soutien financier, 53% d’entre eux doit consacrer la moitié et plus de son revenu pour se loger ; quand c’est une femme, cette proportion monte à 65% », précise-t-elle.

Or, selon le FRAPRU, les logements locatifs et les condos construits actuellement ne répondent pas aux besoins. « Il ne s’est réalisé que 3200 logements sociaux en 20 ans, en Montérégie », indique sa porte-parole, Véronique Laflamme. « Ça n’en fait que 160 en moyenne par année, alors qu’à Longueuil seulement, 8 480 ménages locataires déboursent en ce moment plus de la moitié de leur revenu pour se loger ; ilst besoin d’un logement social dès maintenant, pas dans 50 ans ! », dénonce-t-elle. Le regroupement et ses membres de la Montérégie demandent au gouvernement du Québec de donner un grand coup en finançant 50 000 nouveaux logements sociaux en 5 ans.

Christian Nadeau, président de la Ligue des droits et libertés a constaté de nombreuses violations du droit au logement depuis le début de la tournée : « Beaucoup trop de gens vivent dans des logements qui ne sont pas habitables et qui ne respectent pas leur capacité de paiement ». Il s’inquiète que, de plus en plus, ce sont les personnes vivant des conditions de logement difficiles et les groupes communautaires qui portent la responsabilité de faire respecter le droit à un logement adéquat. « Normalement, c’est au gouvernement de s’assurer que les droits soient respectés », affirme-t-il; « mais quand ils ne le font pas, c’est à l’ensemble de la société de se mobiliser », conclut-il.

La tournée se terminera le 2 octobre, Journée mondiale de l’Habitat, à Montréal.

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