Élections 2026 : Occupation à durée indéterminée d’un immeuble laissé vacant à Montréal contre la crise du logement cher

Montréal, le 29 septembre 2026 — Après une manifestation ayant rassemblé des centaines de locataires en colère contre l’inaction du gouvernement en matière de logement, des militant·es pour le droit au logement occupent un immeuble à logement laissé vacant à Montréal depuis le 28 septembre au soir, pour une durée indéterminée. Ils et elles réclament des engagements en faveur des mesures que la Coalition contre le logement cher (COLOC), qui réunit 130 organisations, demande aux partis depuis le début de la campagne : un contrôle obligatoire des loyers, l’inscription du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne et du logement social à la hauteur de la crise.

Cette occupation met en lumière une contradiction au cœur de la crise du logement : des immeubles sont laissés vides pendant que des personnes se retrouvent à la rue. Au Québec, environ 100 000 logements sont actuellement vacants. Dans le marché immobilier actuel, il peut être plus rentable de laisser un immeuble vacant que d’y loger une famille. Pendant ce temps, les loyers explosent. Les locataires font face aux hausses abusives, aux évictions et à une précarité grandissante.

« Dans le marché immobilier actuel, il est souvent plus rentable pour un propriétaire de laisser vacant un immeuble vétuste, pour éventuellement le faire démolir et revendre le terrain, que de le rénover afin de le rendre habitable. C’est aberrant, surtout quand on pense au fait que transformer ces logements vides en logements sociaux et communautaires contribuerait à contrer la crise du logement cher et de l’itinérance. », affirme Camille Toffoli du Comité d’Action des Citoyen-nes de Verdun.

Selon les militant·es pour le droit au logement, les partis sont loin de rejoindre les mesures potées par la COLOC. La plupart d’entre eux ne proposent pas de contrôler les loyers. Les engagements en matière de logement social sont souvent absents, flous ou insuffisants. Sur le droit au logement, seul un parti s’engage à l’inscrire dans la charte des droits et liberté de la personne. Plusieurs misent encore sur l’accès à la propriété et sur la construction privée, en comptant sur le marché pour « s’équilibrer ». Pourtant, malgré la hausse de l’offre et du taux d’inoccupation, le loyer moyen a encore bondi de près de 30 % depuis 2022. Certains partis proposent également de construire des logements abordables, mais sans définir ce qu’ils entendent par « abordable ». Sans assurer que ces logements répondent à la capacité de payer des locataires, particulièrement à faible et modeste revenus. Selon les personnes présentes à l’occupation, il s’agit d’une fausse solution qui ne logera jamais les plus pauvres, les personnes en situation d’itinérance, les 30 224 ménages sur la liste d’attente des HLM. 

« Les partis qui espèrent prendre le pouvoir le 5 octobre n’ont fait aucune promesse crédible pour s’assurer que nous soyons logé-e-s de façon décente. Il est impératif que le prochain gouvernement s’engage à reconnaître le droit au logement et à mettre en place les solutions défendues par le milieu communautaire. », déclare Flav Choquette-Giguère du POPIR comité logement.

« Sans réel contrôle des loyers, c’est le marché qui fait la loi. Des logements restent vides, d’autres sont loués à 2000 $ par mois. Pendant ce temps, trop de locataires vivent la misère ; ont de la difficulté à payer leur loyer, leur épicerie, leur hydro. Alors que les propriétaires encaissent, les locataires décaissent. Cette situation doit cesser. À court terme, il est impératif de reconduire le moratoire sur les évictions et l’élargir aux reprises de logement. », soutient Francis Dolan du Regroupement Information Logement de Pointe-Saint-Charles.

Comme membres de la Coalition contre le logement cher (COLOC), qui rassemble près de 130 organisations au Québec, les militant·es refusent de continuer à attendre. Cette occupation s’inscrit dans une semaine d’actions de la COLOC menées à Montréal, à Québec et en Abitibi-Témiscamingue dans le cadre de la Riposte populaire contre la vie chère, le climat précaire et les attaques autoritaires, à l’appel du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MEPACQ).  

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