Élections 2026 – Logement cher:
Occupation d’un immeuble vacant : les besoins doivent être entendus

Montréal, le 1er octobre 2026 – À quatre jours du scrutin, des militant·es pour le droit au logement occupent un immeuble laissé vacant dans le Sud-Ouest de Montréal, depuis le 28 septembre au soir, à l’appel de la Coalition contre le logement cher (COLOC). Ce matin, la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ), le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et les occupant·es dressent le bilan des engagements des partis en conférence de presse. Leur constat : les promesses en logement social sont insuffisantes pour la plupart des partis, tandis que le contrôle obligatoire des loyers et le droit au logement sont les grands oubliés de la campagne, hormis pour un parti.

« Depuis lundi soir, on montre à tout le Québec un immeuble vide parmi trop d’autres qui devrait loger du monde. La crise du logement cher ce sont des drames humains pour les locataires. Faut que ça change! », affirme Flav Choquette-Giguère, porte-parole du Comité d’occupation et du POPIR comité logement.

Du logement social promis… mais lequel?

Trois partis ont pris des engagements chiffrés de développement pluriannuel de nouveaux logements sociaux. Québec solidaire promet 50 000 logements sociaux et communautaires, le Parti libéral du Québec 40 000 logements sociaux et abordables sans but lucratif. Le Parti Québécois promet 20 000 nouveaux logements sociaux. La Coalition avenir Québec n’a fait aucune annonce en logement, outre 2 000 logements dits abordables pour les personnes aînées. Le Parti conservateur du Québec, lui, mise sur le marché privé. «On constate qu’il y a des engagements mais ils sont souvent insuffisants. Combien parmi les logements qui se construiront répondront vraiment à la capacité de payer des locataires, particulièrement de ceux à faible et modeste revenus ? Les programmes gouvernementaux seront-ils adéquats? Le gouvernement sortant a introduit une optimisation financière qui met à risque le logement social, va-t-elle être maintenue? », questionne Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

« Un HLM, c’est un loyer fixé à 25 % du revenu, peu importe ce que fait le marché. Ça, c’est une garantie réelle pour les ménages à faible revenu. En ce moment, 30 224 ménages sont sur une liste d’attente pour en obtenir un. Quand un parti promet du logement social, on veut savoir combien de HLM il y aura dedans et surtout, on veut l’engagement qu’il y aura un vrai programme dédié au logement public de type HLM», rappelle Milène Chenot, de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ).

Loyers trop chers: le grand absent

Seul Québec Solidaire propose le contrôle obligatoire des loyers. Aucun autre parti ne propose de mesures permettant de limiter l’explosion du coût des loyers. Le PLQ se limite à plafonner les hausses dans les résidences privées pour aîné·es. Pourtant, 74 % des électeurs et électrices appuient un contrôle des loyers, selon un sondage Léger du 29 août 2026. « Le contrôle des loyers, c’est le grand absent de cette campagne. Trois électeurs sur quatre le demandent ! Sans contrôle obligatoire et sans registre des loyers, la situation ne peut qu’empirer. », déclare Noémie Beauvais, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Le droit au logement toujours hors de la Charte

Un seul parti s’engage à inscrire le droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne. « Un droit, ça se met en œuvre. Tant que le droit au logement ne sera pas dans la Charte, rien n’oblige un gouvernement à le respecter », insiste Flav Choquette-Giguère, porte-parole des personnes occupantes.

Une semaine de Riposte populaire contre le logement cher

Ces actions s’inscrivent dans la Riposte populaire contre la vie chère, le climat précaire et les attaques autoritaires, qui se tient depuis le 25 septembre à l’appel du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MEPACQ). De Rouyn à Québec, en passant par Montréal, ces actions interviennent alors que la crise du logement s’aggrave.

L’itinérance visible a augmenté de 20 % entre 2022 et 2025, pour atteindre 12 077 personnes en avril 2025. Deux mois après le 1er juillet 2026, 1 646 ménages locataires étaient toujours sans logis ou suivis par un service d’aide à la recherche de logement. Aujourd’hui, les membres de la coalition à Québec organisent une pendaison de crémaillère symbolique pour les futur·es élu·es, tandis que des locataires manifestent contre le logement cher à Rouyn-Noranda. Samedi, les membres montréalais de la COLOC effectueront une tournée des bureaux de campagne à Montréal.

Partout, le constat est le même: « les locataires qui paient trop cher pour se loger, qui reçoivent un avis d’éviction ou de reprise, qui vivent dans un logement non adapté à leurs besoins ou insalubre, c’est maintenant qu’ils ont besoin d’être protégés », concluent les porte-paroles.

À propos de la Coalition contre le logement cher

Lancée en avril 2026, la Coalition contre le logement cher réunit 130 groupes membres, dont une trentaine de regroupements nationaux, issus des milieux logement, syndical, communautaire, féministe, étudiant et de l’itinérance.

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Renseignements et demandes d’entrevues :

Flav Choquette Giguère Popir Comité logement : 438 935-2353

Noémie Beauvais, RCLALQ : 514-781-2220

Milène Chenot, FLHLMQ : 514-243-6328

Véronique Laflamme, FRAPRU : 418-956-3403