Au moins 2 milliards $ par an pour de nouveaux logements sociaux

En 2002, après une absence de 8 ans, le gouvernement fédéral est timidement revenu dans le financement de nouveaux logements destinés à des personnes ou à des familles mal-logées. Ce retour d’Ottawa ne s’est toutefois pas fait en logement social, comme c’était le cas avant 1994, mais par le biais de ce qu’on a appelé le « logement abordable ».

Ce concept, toujours utilisé par Ottawa, est beaucoup plus flou que celui de logement social, c’est-à-dire du logement sans but lucratif, à propriété collective (publique ou communautaire), subventionné par le gouvernement et qui respecte la capacité de payer des locataires, quel que soit leur revenu.

Le logement abordable permet à Ottawa d’accorder du financement aux provinces et aux territoires afin de favoriser la construction de nouveaux logements par la formule de leur choix, qu’il s’agisse de logements sociaux ou de logements privés à loyers plus ou moins élevés. Cela peut aussi servir à verser de l’allocation-logement ou du supplément au loyer dans des logements déjà existants ou encore à subventionner la rénovation domiciliaire.

Le budget 2017

Le budget présenté le 22 mars 2017 par le ministre libéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé 11,2 milliards $ qui seront consacrées à la Stratégie canadienne sur le logement. En y regardant de plus près, on se rend compte que ce n’est pas tant, puisque la somme sera répartie sur 11 ans, dont :

  • 3,2 milliards $ en 11 ans pour un nouveau partenariat fédéral-provincial-territorial; Québec devrait en recevoir près de 70 millions $ par année ; les gouvernements provinciaux et territoriaux pourront utiliser cet argent pour réaliser de nouveaux logements abordables,
à rénover ceux déjà bâtis,
pour de l’aide au loyer pour les locataires à faibles revenu et « à d’autres initiatives des provinces »;
  • 5 milliards $, toujours en 11 ans, pour un nouveau Fonds national sur le logement, destiné également au développement de nouveaux logements abordables, pour notamment à venir en aide « aux plus vulnérables, dont les aînéEs, les autochtones, les survivants de violence familiale, les personnes handicapées, ayant des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et les anciens combattants »;
  • 300 millions $, également en 11 ans, pour le logement nordique.

La somme dédiée à la Stratégie inclut aussi :

  • 4 milliards $ en 10 ans pour les communautés autochtones, dont une partie non précisée est dédié logement;
  • 2,1 milliards $ en 11 ans pour la lutte à l’Itinérance;
  • 220 millions $ en 11 ans pour rendre des terres et des bâtiments excédentaires du fédéral accessibles aux développeurs de logements abordables;
  • 241 millions $ en 11 ans à la SCHL, pour faire de la recherche sur le logement.

Il faut donc maintenir la pression pour qu’Ottawa concentre ses investissements sur le logement social afin d’améliorer durablement les conditions de vie des 1,5 million de ménages canadiens ayant des besoins impérieux de logement, dont les 348 485 ménages vivant au Québec.