Revendications face à Ottawa

Depuis plus d’un an, Mark Carney est premier ministre du Canada, désormais à la tête d’un gouvernement majoritaire. Même Stratégie nationale sur le logement que son prédécesseur, même parti au pouvoir (parti libéral du Canada) : vision radicalement différente.

Il a mis en place Maisons Canada, censée construire rapidement des logements abordables. Plutôt que de répondre à son objectif annoncé, l’agence fonctionne plutôt comme une banque d’investissement, taillée pour attirer des capitaux privés: approche portefeuille, abandon des programmes existants (dont certains venaient d’être améliorés), ouverture aux secteurs privé, financier et philanthropique. Le financement du logement social est insuffisant, les cibles d’abordabilité demeurent floues, et les ménages les plus vulnérables risquent d’être laissés en plan.

Ces approches devraient au minimum reposer sur des balises claires et sur une définition de l’abordabilité fondée sur la capacité de payer des locataires. Or ces balises manquent cruellement. Cela a notamment laissé la porte ouverte à ce que le gouvernement du Québec force le financement de logements dits « abordables intermédiaires », trop chers pour permettre de répondre aux besoins des locataires, particulièrement à faible et modeste revenus.

Dans ce contexte, le FRAPRU demande au gouvernement du Canada:  

1


de réserver au logement social toutes les ressources financières prévues pour la construction et l’acquisition de logements, de même que les terrains publics destinés au logement

2

 
de créer des programmes financés, complets, durables et dédiés au logement social :
  • qui garantissent la construction de logements que les locataires sont capables de payer, en fonction de leurs revenus ;
  • qui se dotent d’objectifs chiffrés pluriannuels de réalisation de logements sociaux ;
  • incluant un programme de logements publics de type HLM ;
  • s’inscrivant dans un plan d’action national sur le logement
  •  

3


d’accorder un financement à long terme pour la rénovation des logements sociaux existants, particulièrement les HLM, et pour le maintien de l’accessibilité financière de ces logements pour les ménages à faible revenu

4


qu’aucun fonds public ou terrain public ne serve à construire des logements dits : « abordables intermédiaires »

Pour en savoir plus sur la situation du droit au logement au Québec et les solutions proposées par le FRAPRU, nous vous invitons à consulter sa brochure et ses fiches graphiques Mettre les bouchées doubles.