Plan de lutte à l’insalubrité de Montréal: Le FRAPRU s’inquiète de l’insuffisance de mesures pour protéger les locataires pauvres

Montréal, le 28 juin 2018 — En réaction au Plan d’action 2018-2021 pour des conditions de logement décentes Mieux se loger à Montréal, lancé ce matin par l’administration Plante  Le FRAPRU apprécie les mesures que la Ville va mettre en place pour améliorer son efficacité dans le traitement des plaintes des locataires en cas d’insalubrité, notamment lorsqu’il y a prolifération de punaises lit.  Il se réjouit également du renforcement de mesures coercitives, notamment l’augmentation des pénalités financières contre les propriétaires récalcitrants, voire la réalisation à leur place des travaux nécessaires.  Le regroupement émet toutefois un bémol en constatant que la municipalité ne s’attarde pas aux impacts budgétaires que cela aura sur les locataires à faible revenu.

Le FRAPRU remarque que tout en promettant des subventions à la rénovation et malgré ses mises en garde répétées, Montréal ne prévoit rien pour contrer l’augmentation des coûts de loyer, suite aux travaux rendus nécessaires à cause de décennies de négligence.  « Même subventionnés, ces travaux feront monter le prix des loyers ; or, les locataires à faible et à modeste revenus n’ont aucune marge de manœuvre sur le plan financier », proteste Marie-José Corriveau, coordonnatrice du FRAPRU.

L’organisme rappelle que les expériences passées ont largement démontré que les programmes de rénovation ont été souvent utilisés par des propriétaires négligents, voire malveillants, et ont conduit des ménages à faible revenu à la rue. Le FRAPRU craint que les représentations annoncées auprès des gouvernements supérieurs, pour obtenir des ressources supplémentaires, ne suffisent pas à protéger les locataires dont les logements nécessitent des travaux majeurs.

Selon le FRAPRU, pour protéger adéquatement les plus vulnérables des effets pervers de ce type d’intervention, la Ville doit adapter et bonifier son programme AccèsLogis pour faciliter l’acquisition d’immeubles dégradés, leur rénovation et leur transfert à des coopératives ou des OBNL d’habitation.  Il demande également à la Ville de joindre sa voix à la sienne pour réclamer des investissements autrement plus ambitieux de la part des gouvernements supérieurs dans le développement de tels projets de logement sociaux.

 

Le plan d’action est disponible en ligne.

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Pour plus d’informations :
Véronique Laflamme, FRAPRU (cellulaire : 418 956-3403)
Marie-José Corriveau, FRAPRU (cellulaire : 514 708-1050; travail : 514 522-1010)
www.frapru.qc.ca