Revendications face à Québec

Plutôt que de s’attaquer de front à la crise du logement, le gouvernement caquiste s’en est servi pour transformer en profondeur les politiques publiques en matière de logement. En plus d’être sous financé, aucun appel d’offre n’a été déposé depuis 2023 dans le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ). Résultat : 633 logements en exploitation, sur plus de 8 000 projetés. Au printemps 2025, Québec a plutôt créé sans consultation une nouvelle catégorie de logement: le « logement abordable intermédiaire », dont les loyers atteignent jusqu’à 150 % du loyer médian, et commencé à remplacer les subventions par des prêts publics remboursables. Sous prétexte d’« optimisation financière », les maigres fonds destinés au logement social financent désormais des logements qui tirent les loyers vers le haut.

Alors que le Québec a une nouvelle première ministre, Christine Fréchette, et une nouvelle ministre de l’Habitation, Karine Boivin Roy ; rien n’indique que les locataires pèsent davantage dans leurs priorités. Or, pour sortir de la crise, la clé, c’est le logement social ! À l’approche des élections, le FRAPRU demande au gouvernement du Québec :

1


de réserver au logement social toutes les ressources financières prévues pour la construction et l’acquisition de logements

2


qu’aucun fonds public ne serve à financer des logements dits « abordables intermédiaires »

3


qu’aucun terrain public réservé au logement social ne serve à un projet incluant des logements dits « abordables intermédiaires »

4


de mettre en place et de financer :

    • des programmes complets, durables et dédiés au logement social, permettant un dépôt de projets en continu et comprenant un programme de logements publics de type HLM ainsi qu’un programme québécois d’acquisition de logements locatifs privés pour les transformer en logements sociaux ;
    • un financement pluriannuel d’au moins 10 000 logements sociaux par année, pendant 15 ans ;
    • un financement suffisant du programme d’adaptation de domicile (PAD), pour répondre aux besoins dans des délais raisonnables ;
    • un financement du Soutien communautaire en logement social et communautaire (SCLSC) à la hauteur des besoins, intégré aux programmes de développement du logement social.

Pour en savoir plus sur la situation du droit au logement au Québec et les solutions proposées par le FRAPRU, nous vous invitons à consulter sa brochure et ses fiches graphiques Mettre les bouchées doubles.