Les groupes du FRAPRU à Québec s’attaquent au logement abordable intermédiaire

Québec, le 10 juin 2026 – Les groupes membres participants du FRAPRU à Québec, – le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (Compop), le Comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) et le Comité logement d’aide de Québec ouest (CLAQO) et plusieurs allié·es -, se sont mobilisé·es aujourd’hui devant les bureaux de la Société d’Habitation du Québec et du Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour exiger le retrait des logements «abordables intermédiaires » de tout projet de logements sociaux, dont celui du Patrotôt situé à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul. En s’appuyant sur une déclaration ayant déjà reçu l’appui de plus de 100 organisations locales, régionales et nationales, les groupes mobilisés exigent qu’aucun fonds public ne serve à financer ce type de logements et que les terrains publics réservés au logement social ne servent pas pour des projets incluant des logements « abordables intermédiaires », et ce, partout au Québec.

Selon les porte-paroles de l’action Nicolas Villamarin Bonilla du Compop et Véronique Laflamme du FRAPRU, « le rassemblement  répond à un double objectif : profiter de la dernière semaine des travaux parlementaires pour signifier au gouvernement que nous ne comptons pas rester les bras croisés pendant qu’il affaiblit le logement social et annoncer nos couleurs aux partis qui se mettent en lice pour les élections d’octobre. »

Au Patro ou ailleurs… Non aux logements intermédiaires (trop chers)

À Québec, c’est à la suite de l’annonce du 2 avril dernier confirmant le financement du projet Patrotôt tout en lui imposant une trentaine de logements « abordables intermédiaires », que les groupes de défense du droit au logement ont décidé de se lancer dans une campagne contre le logement abordable intermédiaire.

Pour le Compop, notamment, il n’est pas question d’accepter l’imposition de 20% de logements intermédiaires dans le Patrotôt. « Depuis près de quatre décennies, clame Nicolas Villamarin Bonilla, la volonté populaire a toujours été d’accueillir un projet répondant aux besoins des ménages locataires. Inclure des loyers exorbitants comme le veut le gouvernement – environ 1400$ pour un 3 ½, 1600$ pour un 4 ½ et 1900$ pour un 5 ½, à Québec selon les plafonds de 2025 – est non seulement une aberration face à la crise des logements chers qu’on vit, mais une trahison complète des revendications populaires entourant ce site acquis pour du logement social. Les loyers dans le privé sont déjà hors de prix pour bon nombre de ménages locataires, il n’est pas question de laisser les trop rares nouveaux logements sociaux devenir aussi prohibitifs. »

Même si la nouvelle ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy, présente le logement intermédiaire simplement comme un « outil parmi tant d’autres pour résoudre la crise du logement », pour le FRAPRU et ses groupes membres, il en est autrement. Au contraire, le logement intermédiaire s’inscrit dans un processus de marchandisation et de financiarisation du développement du logement social. Ils dénoncent le fait que de plus en plus de projets de logements sociaux se voient imposer ce type de mesures. Pour Véronique Laflamme « les politiques du gouvernement caquiste en matière de logement dénaturent carrément les projets sans but lucratif en les rendant plus dépendants du marché et du secteur financier. Ça n’a aucun sens que les fonds insuffisants pouvant servir à financer du logement social servent à financer des logements dont les loyers atteignent 150% du loyer médian du marché qui a lui-même augmenté de manière astronomique dans les dernières années. Ce sont les ménages à faibles et modestes revenus qui finissent par payer le prix des mauvais choix du gouvernement, et l’ensemble des locataires qui s’appauvrissent avec l’inabordabilité qui prend de l’ampleur. »

Monter le ton en vue des élections de l’automne

Les organisations lanceront dans quelques jours une déclaration permettant aux individus de se prononcer et invitent les citoyen·nes à la signer pour indiquer leur volonté d’avoir de véritables logements sociaux et non des logements intermédiaires. « Dans une première phase, mentionne M. Villamarin Bonilla, nous avons récolté l’appui d’organisations alliées et, malgré des délais très courts, leur réponse a été impressionnante. À compter des prochains jours, nous demandons aux individus d’ajouter leur voix à nos revendications et à rester alertes pour l’automne électoral qui s’en vient. »

Les groupes comptent rester mobilisés autour de cet enjeu dans les prochaines semaines et les prochains mois à l’automne et ce, dans une volonté d’élargir la mobilisation autour du logement social. À la rentrée, d’autres actions seront menées dans le cadre de la campagne électorale, notamment pour obtenir des engagements clairs et chiffrés de la part des candidat·es. « Au final, pour les groupes du FRAPRU, signale Véronique Laflamme, la revendication est claire : il faut revenir au logement social, sous forme de coopératives, d’OSBL et de HLM. Pour y arriver, ça nous prend des programmes complets, pérennes et suffisamment financés. Pour répondre à l’urgence, le prochain gouvernement devra débloquer minimalement un financement récurrent pour qu’au moins 10 000 nouveaux logements sociaux soient construits annuellement, afin de doubler le parc locatif d’ici 2040. »

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Pour informations :

Nicolas Villamarin Bonilla – permanent au Compop : 581-888-1381 

Véronique Laflamme – porte-parole du FRAPRU :  418 956-3403